T’es revenu sur ma toile. Tu devais t’ennuyer pour appuyer soigneusement tes mots. Je te connais suffisamment bien pour voir l’effort que tu y mets dans chaque phrase, afin de la rendre plus percutante, intense et vrai. Ce sont des vrais mots; qui blessent. Le ressenti transperce les nerfs de mon plexus et ira taper droit au muscle du coeur, avec un peu de chance, juste entre les deux ventricules pour rendre la douleur impossible. 

Fermer les yeux pour ressentir le poids de ton ventre contre le mien, tes épaisses épaules sur mes frêles clavicules, sentir tes mains me retenir par le bassin et pousser, tirer, pousser, tirer. Comme un objet. Un filet de sang sous ma joue, c’était un coup mal calculé. Les rougeurs de mes hanches, c’est la puissance de tes mains qui me font mal. Les gouttes qui tombent de ton visage, de tes cheveux, sous ta paume, ce sont le fruit de la domination de la chair. Et le goût du sel de mer, c’est l’abandon.

Je frissonne en supprimant ton message. Il va me hanter jusqu’au début de l’hiver. Mon estomac se serre, le muscle de la faim se contracte mais je vais l’ignorer. Ma gorge se noue, je ressens à nouveau ma muselière tant adorée. Tu es si fort que je te laisse gagner la bataille.

Parce que tu n’as jamais été mon ami. Toi aussi.